Cigref – les nouveaux roles de la fonction SI

Dans une nouvelle étude publiée en avril 2014, le Cigref  analyse l’évolution des DSI face aux défis du numérique :

Comme à son habitude, le Cigref a réuni pour ce travail un groupe d’une vingtaine de DSI.

D’entrée de jeu, l’étude affirme le postulat de “la primauté de l’expérience client”, ce qui permet de décliner un concept de “marketing de la fonction SI”.

Deux autres principes viennent compléter l’analyse :

  • la co-création de valeur
  • les flux “accélérés

Ce dernier principe est considéré comme fondateur pour les derniers outils à la mode : cloud, big data et mobilité.

On y annonce ensuite la disparition des modèles d’organisation classique MOA/MOE au profit du “social”, l’avancée de l’agilité, l’excellence opérationnelle, …

Pour l’anecdote je cite une phrase au hasard : “Organiser le cycle besoin-run en insistant sur les dimensions d’agilité et le lean time” !

Il y a ensuite une partie plus philosophique à ce document, introduite par :

“En quoi le SI en tant qu’objet technique est-il impacté par le numérique ?”

Philosophique puisque le SI n’est pas un objet technique mais un système comprenant des machines, des algorithmes et une organisation.

Philosophique aussi parce que le mot “numérique” n’est qu’une extension de l’informatique vers les media, la mobilité,etc…

Dans cette partie et malgré l’introduction annonçant clairement la primauté du client, on passe dans un mode beaucoup plus conservateur, avec une organisation à 2 vitesses entre technologies classiques et maitrisées et nouvelles technologies. On a une impression de céder à un effet de mode sur les concepts marketing, mais expliquer en même temps qu’il y a plusieurs types de cycles (rapide pour le “front office” et lent pour le “back office”).

Dans ce document les missions engendrées par le Cloud occupent moins d’une page, celles engendrées par la mobilité à peine une 1/2 page !

En conclusion il semblerait que le défi des DSI face au numérique ne soient pas moins vastes que ne l’ont toujours été ceux des DSI face à leurs clients. L’industrie informatique, malgré l’évolution rapide de ses technologies a acquis une certaine maturité qui ne donne pas l’avantage aux structures les plus lourdes et qui doivent défendre les investissements du passé.

La “destruction créatrice” s’applique sans doute autant (sinon) plus au système d’information.

Il est difficile de défendre comme seuls choix possible certaines solutions traditionnelles pourtant très prisées dans les applications transactionnelles (grandes bases de données et outils associées) alors que des petites sociétés d’hier ont adopté des architectures plus légères et traitent maintenant bien plus de clients (amazon, google, facebook).

Pour une autre analyse de ce rapport, voir cet article.

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